L’indépendance; une idée résolument toujours aussi moderne!

Ces derniers jours, j’ai été dépêché en Irak et en Espagne par Jean-François Lisée pour assister aux référendums sur l'indépendance du Kurdistan irakien, le 25 septembre, et de la Catalogne, le 1er octobre, tenus en vertu du droit international reconnaissant aux peuples le droit à l’autodétermination. Tant au Kurdistan qu’en Catalogne, je me suis joint à un groupe d’observateurs provenant de partout à travers le monde.

Un pays millénaire, le Kurdistan, veut faire son entrée dans le concert des nations.

J'ai été réconforté de voir les Kurdes se mobiliser massivement pour exprimer, en toute simplicité, leur attachement profond à leur pays, aussi diversifié soit-il sur les plans ethniques et religieux. Les gens avaient revêtu leurs plus beaux atours pour se présenter aux urnes, comme s'il s'agissait d'un grand jour de fête. En ce jour de scrutin férié, ils faisaient la file en famille, avec enfants et parents âgés, arborant très souvent les couleurs kurdes. Afin d’empêcher les électeurs de voter deux fois, ils devaient, avant de déposer leur bulletin dans l’urne, immerger leur index droit dans un encrier. Les enfants, qui ne pouvaient évidemment pas voter, avaient conscience de prendre part à un événement historique et insistaient donc pour pouvoir également tremper leur doigt dans l’encrier. En fin de journée, tous les Kurdes rencontrés, sans exception, avaient l'index droit noirci! Le taux de participation au référendum du 25 septembre a été de 72,16% et l’appui à l’indépendance s’élevait à 92,73%. Comme pour la Catalogne, les observateurs internationaux, dont j’étais, ont témoigné de la validité du processus. Malgré les menaces et l’hostilité des États voisins, les Kurdes se sont réveillés, après une nuit de liesse suite à leur référendum sur l’indépendance, dans un pays très semblable à celui qu’ils avaient connu la veille… Pas la moindre pénurie, pas de bombardement ou de coupure d’approvisionnement en eau ou en électricité. Après avoir voté avec enthousiasme, mais dans l’ordre et le calme, et après avoir célébré leur liberté si longtemps attendue, ils sont retournés au travail, comme si de rien n’était. À certains endroits, là où on retrouvait deux drapeaux flottant côte à côte, ceux de l’Irak et du Kurdistan, on ne voit plus que ce dernier… C’étaient les seuls changements perceptibles à ce moment. Il y a certes des tensions entourant les «zones contestées» (on pense notamment à la région de Kirkouk, que Saddam Hussein avait «arabisée» de force, afin de garder le contrôle sur les précieux champs pétrolifères qu’il recèle, mais que les Kurdes ont réoccupée à la faveur des combats des dernières années contre DAESH), mais la situation demeure, somme tout, relativement calme, puisque les autorités du Kurdistan ont appelé au dialogue. Mais alors que les Kurdes contrôlent leur territoire, ce qui leur a permis d’assurer le bon déroulement de leur référendum, les Catalans sont soumis à l’arbitraire de Madrid, qui a multiplié les accrocs à la justice et à la démocratie pour empêcher l’expression de la volonté populaire. Dans les circonstances, il nous apparaissait important d’être sur place pour exprimer notre solidarité envers le peuple catalan, quel que soit le choix qu’il allait faire, pour témoigner de ce qui s’y passe et pour tirer les leçons de cette expérience. Il nous est vite apparu que la Catalogne oscillait entre l'appréhension et l'allégresse, ce qu’on pouvait physiquement constater en déambulant dans les rues de Barcelone, alors qu'on découvrait, au hasard du détour d'une rue ou d'une autre, de petits détachements policiers faisant sentir leur présence menaçante de façon ostentatoire ou des attroupements festifs et pacifiques arborant fièrement la bannière rayée orange et jaune de la Catalogne. Et tandis que, selon les sondages, l'issue de ce référendum demeurait incertaine, l'attitude autoritaire de Madrid, qui est allée jusqu'à investir des médias pour y saisir du matériel, menacer et emprisonner des magistrats élus parce qu’ils voulaient simplement permettre aux gens de voter, confisquer des millions de bulletins de vote et promettre de faire fermer les lieux de votation, aura poussé nombre de Catalans disposés à trouver un arrangement avec l'Espagne du côté du mouvement souverainiste...

Courageuse, inspirante et émouvante Catalogne...

Ce à quoi j’ai assisté ne relevait plus que de la simple détermination des autorités de Barcelone, mais bien de celle de l’ensemble de la population catalane. Une directrice d'école, interrogée sur les ondes d'une chaîne de télévision française déclarait: «Nous organiserons des événements le samedi, afin de garder l'école ouverte; et si les autorités espagnoles viennent malgré tout la fermer, afin d'empêcher le vote, nous voterons dans la rue, s'il le faut!»... La veille même du scrutin, le président catalan a offert de suspendre le processus référendaire si l’Espagne acceptait de prendre part à un processus de médiation sous l’égide de l'Union européenne (tout comme dans le cas du Kurdistan, ce sont définitivement les indépendantistes qui apparaissent les plus raisonnables…). Conforté par le silence assourdissant de la communauté internationale, Madrid a ignoré cette main tendue, préférant dépêcher ses fiers-à-bras pour tabasser des gens qui ne manifestaient pas, qui ne lançaient pas des pavés aux policiers, mais qui avaient simplement eu le malheur de se trouver dans les lieux de votation ciblés par les forces «de l’ordre» espagnoles pour poser le geste le plus fondamental, le plus sacré qui soit en démocratie: voter. Dès lors, s’est insinuée dans nos esprits l’impression que nous n’avions plus tout à fait affaire à une démocratie digne de ce nom… Autant j’ai été horrifié, comme tout le monde, par les images de violence policière qui nous parvenaient de partout en Catalogne, autant j’ai été ému et impressionné par le courage, la détermination, la discipline et la résistance pacifique des Catalans, qui allaient jusqu’à applaudir les forces «de l’ordre» qui les brutalisaient, si bien qu’on parle déjà de la «révolution des sourires». Partout en Catalogne, les gens, quel que soit leur âge, étaient descendus dans la rue pour faire obstacle, simplement par leur nombre, aux forces policières espagnoles, afin de les empêcher de voler les bulletins de vote. La peur rivée au ventre, mais l'espoir dans les yeux, les Catalans ont courageusement fait face aux événements… C’est ainsi que, dans les pires conditions possibles, quelque 3 076 000 Catalans ont voté, ce qui représente 57.6% des électeurs inscrits. Le camp du OUI a obtenu 90.18% des voix. D’aucuns tentent malgré tout de contester la validité de ce scrutin, sous prétexte qu’on n’aurait retrouvé que 2 305 936 bulletins de vote (les quelque 770 000 autres ayant été littéralement et honteusement volés par les forces «de l’ordre» espagnoles…), pour un taux de participation «officiel» de 42.38%… La veille du référendum, nous ne savions pas s'il allait être possible de désigner un camp gagnant, mais une chose est maintenant sûre; l'Espagne a perdu! En tentant de «décrédibiliser» comme elle l'a fait le référendum catalan, l'Espagne s'est complètement discréditée, sinon couverte de honte, aux yeux du monde. Désormais, les choses ne pourront jamais plus être pareilles dans cette partie de la péninsule ibérique et la suspension du statut d’autonomie de la Catalogne n’y changera rien, bien au contraire! Assister à deux référendums gagnants sur l’indépendance en moins d'une semaine, avouez que ce n'est pas banal pour un souverainiste québécois! Et dire que le Premier ministre Couillard parlait de l’indépendance comme d’une idée du siècle passé… Le contraire de l’indépendance, c’est la dépendance et c’est plutôt cela qui est notre lot… depuis au moins 150 ans! Encadré : Tout comme dans le cas du Kurdistan, ce sont définitivement les indépendantistes qui apparaissent les plus raisonnables.

QUÉBEC, TERRE D’ACCUEIL…

«Ce qui irrite les Québécois, dans cette situation, c’est qu’on détourne commun de culture le processus régulier résolument française, ces apports ont pour effet d’enrichir notre collectivité par leur diversité. Et il n’est pas simplement question, d’immigration, voire même celui visant à obtenir le statut de réfugié.» Le Québec a été, demeure et sera toujours une terre d’accueil. Il y a plusieurs milliers d’années, des peuplades originaires des steppes de Sibérie, qui suivaient les migrations du gibier transitant par un détroit de Béring devenu praticable en raison d’un refroidissement du climat, ont colonisé les Amériques et développé des cultures et civilisations florissantes, jusqu’à ce que les Européens débarquent à leur tour, sporadiquement d’abord, puis de façon beaucoup plus systématique. D’autres sont ensuite venus se joindre à notre aventure en terre d’Amérique, et ce, de façon plus ou moins intensive en fonction des événements survenant à l’étranger (arrivée importante de la responsabilité d’assurer des conditions de vie décentes à ces gens, qui, peu à peu, s’établissent, occupent des emplois, ont des enfants, eux-mêmes citoyens canadiens parce que nés ici. Comme il ne s’agit généralement pas de gens persécutés dans leur pays d’origine, il est probable que la demande d’une importante majorité d’entre eux sera refusée. Cela dit, il sera très souvent difficile, voire impossible, humainement parlant, de déporter ces personnes vers leur pays d’origine… Ce qui irrite nombre de Québécoises et Québécois, dans cette situation, c’est qu’on détourne ainsi le processus régulier d’immigration, voire même celui visant à obtenir le statut de réfugié. Devant ce Hongrois à partir de 1956, fait, le chef de l’opposition d’Haïtiens à partir de officielle, Jean-François 1957, de Chiliens à partir de 1973, de Vietnamiens à partir de 1975, etc). Se greffant à un tronc Lisée, a proposé, cet été, de suspendre, fut- ce temporairement, le statut de «pays tiers sûr» reconnu par le Canada aux États-Unis (et vice- versa). De quoi est-il question? Fort simple. En vertu de ce statut, les deux pays reconnaissent mutuellement, qu’il existe, ici, d’un enrichissement culturel. Considérant le fait que le Québec risque fort d’être sous peu confronté à une sérieuse pénurie de main-d’oeuvre, l’immigration demeure toujours aussi essentielle à la prospérité de notre nation, ainsi qu’à la qualité de vie de nos concitoyennes et concitoyens. Pourquoi, dans ce cas, l’arrivée massive d’«immigrants illégaux» — «irréguliers», dirons certains — en provenance des États-Unis aura-t-elle donc fait tant réagir? Serait-ce parce que, comme le prétend le premier ministre Couillard, les Québécoises et Québécois, si ouverts, accueillants et tolérants, il n’y a pas si longtemps encore, auraient tout à coup été atteints par ce mal insidieux du «racisme systémique», au point d’y consacrer une «consultation» dont le travail de culpabilisation s’effectuerait… à huis clos? C’est que l’immigration ne relève que partiellement de la responsabilité de l’État québécois, tout ce qui touche la réunification des familles et les réfugiés étant du ressort exclusif du gouvernement fédéral. Or, il est question ici de demandeurs du statut de réfugié, qui leur sera octroyé ou non, au terme d’un processus d’évaluation pouvant durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sinon plusieurs mois, quand ce n’est pas plusieurs années. Entre-temps, et bien qu’il n’ait pas voix au chapitre, c’est au gouvernement québécois qu’incombe dans l’autre, un État de droit, démocratique et respectueux des droits humains. Les conditions de vie étant convenables dans les deux pays, chacun d’eux doit refuser l’accès à toute personne s’étant d’abord présentée sur le territoire de l’autre. C’est ce qui a conduit ces centaines de malheureux à passer la frontière à travers champs, plutôt que de se présenter aux postes frontières, où ils auraient inévitablement été refoulés, étant entendu qu’une fois la frontière passée, le Canada a la responsabilité, en vertu du droit international, d’accueillir la personne revendiquant le statut de réfugié et d’analyser sa demande. Le Québec n’étant pas encore un État indépendant, il n’a pas le moindre contrôle sur ses frontières. C’est le Canada, qui, pour le moment, contrôle les frontières. Or, le premier ministre fédéral, Justin Trudeau, a publiquement fait savoir que toutes ces personnes seraient accueillies à bras ouverts, les encourageant, de ce fait, à entreprendre leur migration vers le nord, ce qui a clairement contribué à cette situation dont l’ampleur fut inattendue. Le Québec n’a aucune prise sur cet afflux important de demandeurs du statut de réfugié, mais il est tenu de les prendre en charge… Combien d’arguments seront encore nécessaires pour convaincre du caractère dysfonctionnel du régime fédéral canadien et de la nécessité de l’indépendance du Québec?

FIN DE LA RÉCRÉATION POUR LES COMMISSIONS SCOLAIRES

Le 14 novembre dernier, la ministre de l'Éducation, des Loisirs et du Sport, madame Marie Malavoy, a présenté le projet de loi 63, Loi sur le financement de certaines commissions scolaires pour les exercices financiers 2014-2015 et 2015-2016.  Par ce projet de loi, le gouvernement veut limiter la capacité de taxer de certaines commissions scolaires de quelque 100 millions de dollars pour les exercices financiers mentionnés dans son titre.  Comment en sommes-nous arrivés là?

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LES PARAMÈTRES DU «VIVRE ENSEMBLE»


Déjà, alors qu'elle était chef de l'opposition officielle, l'actuelle Première ministre, madame Pauline Marois, avait déposé un projet de loi sur la citoyenneté.  Pendant la dernière campagne électorale, elle avait pris l’engagement d'affirmer certaines valeurs québécoises.  Elle a réitéré son intention d’aller de l'avant sur cette voie lors de la présentation du Conseil des ministres et de son discours inaugural.

Il ne s'agit donc pas, comme le prétendent certains, d'une astuce électoraliste soudainement sortie d'un chapeau à la veille d'un hypothétique appel aux urnes, mais le fruit d'une longue réflexion notamment suscitée par quelques rares, mais spectaculaires demandes d'accommodements religieux, qui, en l'absence de balises claires, ont souvent donné lieu à des compromis déraisonnables et provoqué un fort ressentiment au sein de la population.

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TRAGÉDIE DE LAC-MÉGANTIC; COURAGE ET SOLIDARITÉ

Dans la nuit du 5 au 6 juillet dernier la pire catastrophe ferroviaire que le Québec ait jamais connue a dévasté le centre-ville de Lac-Mégantic.  47 vies ont été perdues, fauchées de manière soudaine et totalement injuste.  Beaucoup d'autres vies ont été bouleversées, changées à tout jamais; celle d'innombrables parents, enfants, conjoints, frères, sœurs et amis.  En fait, c'est la vie de toutes les Québécoises et de tous les Québécois qui ne sera jamais plus tout à fait la même...

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