Un monde en quête de repères...

Il y a quelques jours, notre ex-collègue Françoise David était de retour à l’Assemblée nationale pour faire la promotion, à l’approche des Fêtes, d’une campagne d’envoi de cartes de vœux parrainée par Amnistie internationale et visant à capter l’attention de l’opinion publique et des pays concernés sur une dizaine de cas de répression politique. Pendant ce temps, l’Espagne a déclenché des élections en Catalogne en maintenant derrière les barreaux certains des principaux leaders indépendantistes, ce qui a évidemment pour effet de les gêner considérablement dans la conduite de leur campagne électorale. Et puisque le ridicule ne tue pas, Madrid a décrété l’interdiction d’afficher le moindre symbole indépendantiste. C’est ainsi qu’on a interdit... le jaune (eh! oui, la couleur!), les étoiles... alouette!

De son côté, le dictateur nord-coréen joue les va-t-en-guerre en multipliant les essais balistiques, qui sont autant de provocations à l’endroit de la communauté internationale et de menaces à la sécurité de la planète, tandis que sa tête de Turc favorite (qui est également celle de très nombreuses autres personnes...), le président américain Donald Trump, rompant avec un modus vivendi faisant mondialement consensus, a unilatéralement décidé, alors que les tensions sont toujours plus vives entre l’Arabie saoudite et l’Iran, de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y déménager l’ambassade des États-Unis, avalisant ainsi une annexion de territoire par la force et mettant littéralement le feu aux poudres dans le monde arabo-musulman.

Mais le fond du baril a été atteint, il y a quelques jours, alors que le monde entier a été horrifié par ces images d’êtres humains vendus aux plus offrants en Libye. D’aucuns pensaient que l’esclavage constitue un commerce d’un autre âge tout à fait impensable aujourd’hui... Et pourtant… Ces images n’ont fait que mettre des visages sur une pratique encore malheureusement trop répandue de nos jours. On n’a qu’à penser au drame des travailleurs - plus particulièrement des travailleuses - domestiques dans plusieurs pays ou encore à la traite d’êtres humains - particulièrement des femmes, encore une fois - pour la prostitution.

Mais si ces images de migrants réduits en esclavage devaient permettre à la communauté internationale de cesser de détourner le regard et de poser enfin les gestes requis pour mettre un terme à ces pratiques que nous aimons croire révolues, nous aurons fait un grand pas... L'esclavage n'a pas sa place dans notre monde et ces actes font partie des violations les plus flagrantes, les plus ignobles, les plus répréhensibles des droits fondamentaux dont chaque être humain doit pouvoir jouir de façon inaliénable.

Mais il ne suffira pas de condamner pour se donner bonne conscience et détourner à nouveau le regard... Nous devons nous mobiliser et agir concrètement contre ces gens qui posent des gestes qui font injure à nos valeurs d’humanité les plus profondes. J'en appelle au gouvernement canadien pour qu’il prenne ses responsabilités à cet égard. Lorsqu'on aspire à être un leader, un modèle de vertu, sur la scène internationale, on ne peut demeurer silencieux face à des exactions aussi abjectes.

Il faut certes prendre des mesures pour secourir ces malheureux migrants ayant déjà été vendus aux enchères ou qui sont menacés de l’être prochainement, mais également prêter une attention tout aussi grande à ces autres formes modernes d’esclavage aussi subtiles que perfides, qui sévissent un peu partout dans le monde depuis des décennies. Et il n’est souvent guère besoin de regarder bien loin…. Celles-ci méritent une condamnation tout aussi vigoureuse que celle qui a jailli de la communauté internationale et des actions tout aussi énergiques que celles que nous appelons de tous nos vœux pour les migrants floués de Libye.

L’esclavage est une prison, même lorsque ses barreaux sont dorés, à laquelle d’innombrables innocents sont injustement condamnés. Il faut se faire les porte-voix de ces malheureux qui hurlent, mais qui ne peuvent se faire entendre. Il faut briser le silence face aux cas de tous ces Raif Badawi dont on préfère ne pas trop parler, dans l’espoir de vendre quelques tanks supplémentaires. Pour ce faire, il n’y a d’ailleurs aucun geste trop modeste. Courez signer ces cartes de vœux d’Amnistie internationale dont l’expérience démontre qu’elles peuvent réellement faire une différence; «Écrire, ça libère», dit-on!

Et la pauvreté est une forme d’esclavage. Après des années d’austérité ayant particulièrement affecté les plus démunis d’entre nous, le gouvernement a apparemment redécouvert, à quelques mois des élections, qu’il avait un cœur et a finalement fait l’annonce de son plan de lutte à la pauvreté. Mais s’il est vrai que ça prend tout un village pour élever un enfant, ça prend tout un peuple pour venir à bout de ce fléau qui confine des individus à l’indignité et tire toute la société vers le bas. Là encore, chacune et chacun de nous peut faire une différence, en cette période des Fêtes où on s’apprête à tourner la page sur une année particulièrement difficile. C’est la grâce que je nous souhaite...


 

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