Quatre trente sous pour une piastre...

Selon plusieurs, les gens voudraient davantage d’argent dans leurs poches. Un sondage de l’Institut économique de Montréal signalait d’ailleurs, au début du mois, que 67% des gens trouvent qu’ils paient trop d’impôt. Quoi, seulement 67% des gens voudraient davantage d’argent dans leurs poches? Je me serais attendu à ce que le résultat soit de 100%! Curieusement, un sondage Léger-Le Devoir, paru quelques jours plus tôt, contredisait clairement ce résultat… En effet, d’après ce sondage, 66% des gens sondés disaient préférer un «réinvestissement en santé, en éducation, pour les familles et les aînés» plutôt qu’une «baisse d’impôt»… Remarquez la correspondance presque parfaite entre les résultats des deux sondages… semblant indiquer une chose et son contraire! Assisterait-on à un phénomène de personnalité multiple chez les Québécoises et Québécois?

Il est certes hasardeux de commenter les sondages, puisqu’en cette ère de changements, rien n’est plus changeant qu’un sondage… Ce que j’en comprends, personnellement, c’est que les gens ont le sentiment de ne pas en avoir eu pour leur argent, ces dernières années. Ils sont bien prêts à ce qu’on prélève une partie importante de leurs revenus pour assurer une éducation de qualité à leurs enfants, des services de santé rapides et efficaces pour eux-mêmes et leurs proches, de même qu’un accompagnement prévenant et attentionné pour leurs parents vieillissants, pour peu que les résultats soient au rendez-vous. Or, on a littéralement affamé nos services publics, ces dernières années, ce qui s’est inévitablement soldé par une diminution de la qualité des services (quand ils n’étaient pas purement et simplement abolis!). Pas étonnant, dans les circonstances, que les gens se disent qu’ils feraient assurément un meilleur usage de leur propre argent pour se procurer eux-mêmes des services de qualité…

Voilà donc comment on met la table pour une privatisation en douce des services publics… Ne dit-on pas d’un homme qui veut tuer son chien qu’il prétend que celui-ci a la rage? De la même façon, on sous-investit dans les services publics au point où la qualité de ceux-ci finit inévitablement par s’en ressentir cruellement, amenant la population à s’interroger sur l’opportunité d’injecter des sommes aussi importantes dans des services tellement inefficaces. Dès lors, on lui redistribue l’argent ainsi retenu, en l’incitant à mots à peine couverts, à se procurer au privé les services que l’État ne parvient apparemment plus à lui fournir… Or, les chiffres démontrent qu’il en coûte souvent plus cher, au Canada, pour se procurer un service au privé que ce qu’il en coûte, au Québec, pour ce même service offert par l’État (qu’on pense aux services de garde, par exemple, d’autant que, dans ce cas particulier, les recettes fiscales qui en découlent pour l’État seraient supérieures à l’investissement). C’est que le privé recherche d’abord et avant tout... le profit!

Pourtant, après avoir sabré dans les dépenses publiques (et alourdi subrepticement le fardeau fiscal des contribuables…), le gouvernement Couillard a réussi le tour de force de créer des carences telles que les grenailles qu’il distribue si prodiguement en «cadeau» aux Québécoises et Québécois (après les en avoir privés) sont perçues comme une véritable bouffée d’air frais! La CAQ a vu le filon payant et s’est employée à l’exploiter également. C’est ainsi qu’elle s’est aussi lancée dans la surenchère des promesses de baisses d’impôt sur la base de marges de manoeuvre qui n’existent déjà plus… tout en promettant d’améliorer les services (car elle a bien compris que les gens ne veulent pas de baisses d’impôt si c’est au détriment des services publics) et en prime, dans le cadre d’un budget équilibré; rien de moins! Or, s’il était possible d’avoir le beurre et l’argent du beurre, ce serait formidable, mais les gens (sauf la CAQ, qui le plus sérieusement du monde, promet tout à tout le monde!) savent faire la part des choses...

Cela dit, il n’y a rien qui ressemble plus à un parti politique promettant de rationaliser les dépenses publiques et de réduire les impôts... qu’un autre parti politique promettant de rationaliser les dépenses publiques et de baisser les impôts! C’est une chose qu’ont manifestement comprise les Gaétan Barrette, ex-candidat vedette de la CAQ, Dominique Anglade, ex-présidente de la CAQ, et Sébastien Proulx, ex-leader parlementaire de l’ADQ (avalée par la CAQ), qui sont tous passés, avec d’autres, au parti libéral (pourquoi choisir la copie si on peut joindre l’original?!?). Excédé de voir le parti libéral mettre en oeuvre des mesures dont se revendique la CAQ, le leader parlementaire caquiste, François Bonardel, s’en est plaint publiquement, promettant que son parti se tiendrait coi... afin d’éviter de se faire à nouveau «voler» des idées par les libéraux! Et, jusqu’à présent, la CAQ tient parole, puisque François Legault est étrangement discret sur à peu près tous les enjeux, depuis un certain temps... Ça en dit long!

Le Parti Québécois, lui, a choisi son camp! Nous mettrons un terme à cette austérité permanente qui a laissé en plan nombre de nos concitoyennes et concitoyens; à ce démantèlement systématique de l’État que nous avons mis des décennies à construire pour assurer notre développement, notre prospérité et notre mieux-être collectif. Nous redonnerons au Québec un État fort et efficace, cet État permettant une plus grande justice sociale et de mieux nous projeter sur la scène internationale. Il est à nouveau temps de voir grand pour notre peuple!


 

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